REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MERCREDI

Kinshasa, 09/06/2010 / Politique

La disparition tragique et inattendue de Floribert Chebeya, directeur exécutif de la Voix des sans voix, continuent à alimenter commentaires et analyses dans les colonnes des journaux kinois.

« Des experts hollandais à Kinshasa », titre LE PHARE qui consacre sa manchette à l’affaire Chebeya. Le quotidien de l’avenue Lukusa rapporte qu’à la suite de l’assassinat de Floribert Chebeya, directeur exécutif de l’Ong « La Voix des sans voix », une impressionnante vague de réactions a déferlé sur la place de Kinshasa, siège des institutions de la République démocratique du Congo.

La société civile, les partis politiques et la Communauté internationale ont exigé expressément du gouvernement congolais une enquête mixte et indépendante, à placer sous la supervision de l’ONU, et à laquelle devraient participer leurs experts en médecine légale, en droit comme en criminologie.

L’Exécutif national vient de répondre positivement à la demande des Pays-Bas de mettre à sa disposition ses experts en vue de s’associer à ceux de la Rdc dans le cadre de l’enquête et de l’autopsie visant à élucider les zones d’ombres de l’affaire Chebeya.

Entre-temps, note LE PHARE, la colère monte chez les Congolais de l’étranger. La réaction la plus violente est venue de Londres où des manifestants congolais ont mis le feu à la résidence de l’ambassadeur Kikaya.

LA PROSPERITE signale que dans une correspondance du 07 juin dernier, adressée à Mme l’Ambassadeur des Pays-Bas en Rdc, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Adolphe Lumanu, sur instruction du chef de l’Etat, Joseph Kabila, a donné son feu vert à une équipe d’experts néerlandais appelés à participer à cette opération d’autopsie, prévue pour le vendredi 11 juin prochain.

Dans le même registre, L’AVENIR rapporte que Joseph Kabila a instruit le gouvernement de prendre toutes les mesures en terme de facilités pour l’arrivée à Kinshasa de cette équipe néerlandaise afin de procéder à l’autopsie du corps de Chebeya.

L’Ambassade néerlandais à Kinshasa promet de prendre en charge les frais relatifs au séjour de cette équipe d’experts néerlandais dans la capitale congolaise.

AFRICANEWS note que Kinshasa et la communauté internationale regardent dans la même direction en vue de faire la lumière sur le meurtre de Floribert Chebeya.

Pour ce journal, c’est un nouveau coup d’accélérateur après la réunion du Conseil supérieur de la défense qui a débouché sur la suspension du patron de la Police nationale congolaise, présumé suspect principal dans l’assassinat de Chebeya.

Le confrère publie une communication du ministère congolais des Affaires étrangères qui fait état d’une rencontre entre le chef de la diplomatie congolaise Thambwe Mwamba et le corps diplomatique accrédité à Kinshasa.

Lors de cette rencontre le ministre des Affaires étrangères a informé le corps diplomatique que le président de la République, Joseph Kabila, a clairement expliqué qu’il ne pouvait pas comprendre le décès de monsieur Floribert Chebeya. Il a également relevé que le défunt ne constituait nullement une menace pour la bonne marche des institutions de la République, et que même si tel avait été le cas, cela ne pouvait aucunement justifier la mort de ce compatriote.

LA REPUBLIQUE voit des signes évidents de complot intérieur et extérieur dans l’affaire Chebeya. D’où ce titre : « Messe noire sur la Rdc ».

Selon ce journal, la psychose de l’opération « Lititi Mboka » de triste mémoire s’installe petit à petit, la récupération politique de cette affaire par la communauté internationale, l’opposition et certains activistes des droits de l’homme présagent de la recrudescence de l’incitation à la violence.

LE POTENTIEL s’intéresse à la question orale adressé au ministre de la Défense au sujet du transfert au Katanga des FDLR.

En effet, ce mercredi, le ministre de la Défense et des Anciens combattants est attendu au sénat. Il y sera entendu, en réponse à une question orale, sur l’insécurité récurrente qui a pris le pays en otage.

Mais une question taboue devrait s’inviter tout de même au débat : le récent transfert de quelques FDLR du Kivu au Katanga a-t-il fait l’objet d’un débat public ? L’agitation des populations locales, opposées à ce mouvement, est-elle justifiée ? Telles sont les questions que les sénateurs ne manqueront pas d’évoquer.

T.N./MMC