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28/06/2010

RDC : Roi Baudouin « les 50 ans d’indépendance ont plus profité aux politiciens qu’au peuple »

RDC : Roi Baudouin « les 50 ans d’indépendance ont plus profité aux politiciens qu’au peuple »

image Roi Baudouin

C’est lui qui était au trône lorsque la RDC accédait à la souveraineté nationale et internationale le 30 juin 1960. Lui, c’est bel et bien Baudouin 1er, l’ancien roi des Belges. Ayant eu vent des festivités du Cinquantenaire de l’indépendance de la Rd Congo, le 30 juin 2010, celui que l’on appelait à l’époque «Buana kitoko» (bel homme), s’invite à la fête en analysant les 50 ans de l’ancien Congo belge redevenu aujourd’hui République démocratique du Congo. Tout en se vantant d’avoir permis aux Congolais d’accéder à l’indépendance, il déplore l’attitude de certains milieux politiques belges toujours prêts à saisir la moindre occasion ou le moindre prétexte trouvé pour raviver la flamme du conflit permanent avec la rdc.

Quelles lecture faites-vous des 50 ans d'indépendance de la RDC et quel sentiment éprouvez-vous personnellement?

Je vous remercie de m’accorder l’opportunité de livrer ma réflexion sur les 50 ansd’indépendance de la RDC au moment où vous vous préparez à fêter l’événement. Laissez-moi d’abord vous rappeler que si le Congo avait accédé à l’indépendance le 30 juin 1960, c’était en grande partie grâce à moi. Souvenez-vous qu’en tant que souverain à l’époque, je pouvais aussi faire rejeter cette demande congolaise en instaurant plus de rigueur pour étouffer ce vent. Mais, j’avais pris en compte le dessein des Congolais tout en étant convaincu, à l’époque, que sans la Belgique, le Congo allait s’embourber et c’est ce qui était arrivé. Pour ce qui est de la lecture que je fais du cinquantenaire de la RDC, mon point de vue est simple: J’ai vraiment l’impression que les 50 ans de la RDC ont plus profité aux politiciens qu’au peuple au nom duquel ils ne cessent de parler. Si, 50 ans après, le peuple est plus pauvre et les politiciens plus riches, c’est qu’ils se sont plus préoccupés de leurs ventres que du mieux-être de la population. Il est donc temps de tirer des leçons pour penser, cette fois-ci, au peuple congolais.

Mais, il se trouve encore des politiciens belges qui estiment que 50 ans après, il faut toujours entretenir un conflit avec la RDC...

Malheureusement, ces politiciens ou ces milieux politiques belges ne semblent pas comprendre jusque-là que si la Belgique ne fait pas attention, elle risque de perdre le Congo. Il suffit de voir à quel point le Congo est convoité aujourd’hui et comment les Chinois commencent à quadriller ce pays dans tous les secteurs. Si c’est le moment que certains Belges choisissent pour raviver la flamme du conflit avec la RDC, je regrette beaucoup. Car, à travers le monde, aucun autre pays n’a de lien historique aussi profond et intime avec la RDC que la Belgique qui avait réussi à éloigner même les Portugais. Au lieu de s’investir à fond pour barrer la route au «panchinoisisme», voilà que certains de mes anciens sujets se laissent distraire assez facilement. C’est cela le défaut de la Belgique où, au nom de la liberté, certains s’octroient le droit de bloquer les intérêts de tout un royaume. Pourtant, les Belges devraient être les premiers à s’investir dans la reconstruction de la RDC, plutôt que de se livrer à effacer toutes les traces en laissant libre cours à l’expertise chinoise. Car, très bientôt, le Congo risque de plus ressembler à la Chine qu’à la Belgique qui en avait dessiné les infrastructures en 1960. Je pense que si la Belgique rate le train actuel de la reconstruction de la RDC à cause de l’attitude belliqueuse de certains de ses politiciens, elle le regrettera pendant longtemps et risquera de ne plus avoir l’occasion de se faire pardonner. C’est donc le moment ou jamais de prendre des dispositions.

Apparemment, c’est la Belgique qui doit plus à la RDC et non le contraire sur ce dossier précis?

Bon, dans ce dossier, il y a à boire et à manger. On accuse souvent la Belgique d’avoir profité des richesses du Congo. Mais, laissez-moi vous dire que le Congo avait commencé par être la propriété du roi Léopold II avant de passer entre les mains de la Belgique pour ensuite arracher, toujours grâce à la Belgique, son indépendance. S’il faut, à mon sens, parler du profit tiré par la Belgique, je me demande à partir de quel moment parce que toutes les puissances de l’époque reconnaissaient à la Belgique le droit de disposer du Congo comme elle l’entendait. Le mieux, pour moi, c’est ce que les deux pays peuvent faire aujourd’hui parce qu’ils sont liés par des liens historiques et qu’il est de l’intérêt du royaume de Belgique d’affirmer sa présence en RDC. C’est donc l’éternel débat consistant à savoir qui de la poule et de l’oeuf a donné naissance à l’autre. Mais, je persiste et signe en disant que les milieux politiques belges qui passent leur temps à entretenir le conflit avec la RDC, ne savent pas très bien à quel jeu ils se livrent. Il faudra éviter que, plus tard, le Congo ne se reconnaisse plus dans la Belgique. D’ailleurs, je ne vois pas les Français en faire autant du Congo-Brazzaville, du Gabon et de bien d’autres Etats africains qui étaient sous leur administration à l’époque coloniale. Bien au contraire, la France est toujours aussi proche de tous ces pays. Mais, la Belgique, avec combien de pays a-t-elle des liens historiques comme la RDC? Voilà tout le problème. Et ce sont des liens qu’on n’efface pas facilement comme si on tournait un bouton.

Comment jugez-vous les efforts fournis actuellement par le Congo pour sa reconstruction, notamment du côté des infrastructures?

Je pense que c’est une bonne chose, mais on semble passer à côté de l’essentiel. C’est bon de moderniser les routes de Kinshasa, mais c’est mille fois mieux de mettre l’accent sur les routes de desserte agricole. Car, pour se développer, le Congo doit miser sur l’agriculture et non sur les mines. Le jour où le Congo aura une route et une voie ferrée qui relient toutes les provinces et que les routes de desserte agricole seront réellement praticables, il sera alors possible d’augmenter les importations et d’avoir une économie forte. Et c’est de là que partiront, sans nul doute, plusieurs autres initiatives pour ainsi permettre à ce pays de se développer rapidement. Bref, les infrastructures doivent d’abord viser un objectif économique et non touristique. Et le développement du Congo, pour être durable, doit partir des provinces et non de la capitale. Encore que, contrairement à plusieurs pays africains, le Congo dispose d’une variété des produits agricoles et forestiers capables de jouer un rôle déterminant pour son développement. Que les 50 ans d’indépendance de ce grand pays contribuent à imposer une conscience nationale pour éviter les erreurs du passé et gagner finalement le pari de la reconstruction du Congo et, partant, de son développement.

Une réaction par rapport au retrait progressif de la MONUC sollicité depuis peu par la RDC?

Je pense que le retrait de la MONUC se fera tôt ou tard et que l’important, c’est que la RDC et l’ONU accordent leurs violons sur la question pour éviter d’assombrir leurs nuages. Mais, du côté de la RDC aussi, on ne doit pas le faire dans la précipitation comme si on cachait quelque chose. De part et d’autre, on doit privilégier le dialogue et faire en sorte que cela ne se réalise pas en causant des frustrations ou en créant des susceptibilités. Car, de la même manière que l’ONU aura toujours besoin de la RDC, cette dernière aussi ne pourra pas se passer de l’ONU. Toutefois, je suis d’avis que la MONUC ne doit pas s’éterniser en RDC au point de politiser son retrait comme si elle avait, elle aussi, des choses à cacher. Je ne suis donc pas contre le retrait de la MONUC, mais je souhaite seulement que cela se fasse de commun accord entre la RDC et l’ONU, c’est-à-dire après concertation et harmonisation entre les deux parties sur la question.

Autre chose à ajouter?

C’est seulement d’inviter les Congolaises et les Congolais à prendre leur destin en main en évitant de donner un chèque en blanc aux politiciens. Il est donc temps de saisir la perche que leur offre le processus électoral en cours pour se réapproprier l’initiative politique et imposer leur vision à ceux qui sollicitent des mandats politiques. De sorte à renverser l’équation pour que le pouvoir cesse d’être un gâteau que les politiciens doivent se partager sans se soucier du peuple pour devenir un mandat confié à celui qui le mérite et qu’on peut retirer à tout moment dès qu’on sent que le mandataire s’écarte de la ligne tracée. Et pour y arriver, il faut tout mettre en oeuvre pour que les échéances soient respectées et que nul ne s’arroge le droit de les repousser comme bon lui semble et surtout sans se référer au peuple souverain.

ECHOS D'OUTRE-TOMBE, forum des as/M2M NEWS

14:53 Écrit par vanove | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : steve wembi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

Témoignages, récits de vie des métis du Congo Belge

50 ans après, les Métis du Congo Belge

50 ans d’indépendance…50 ans d’oubli : le triste sort des Métis du Congo Belge

Je suis arrière-petite fille de colon belge. Ma grand-mère maternelle,  Albertine KITUTU,  est née en 1931 d’un père Belge et d’une mère Congolaise. Elle a épousé par la suite  mon grand-père,  Gilbert KAKIESSE, métis également. Lorsque je vivais au Congo, j’étais fière de souligner le fait que ma mère avait des origines belges. Aujourd’hui je me retrouve ironiquement belge d’origine congolaise : le résumé de la vie des métis et de leurs enfants en fait. Constamment entre deux rives, ne sachant pas toujours comment se positionner et forcément maladroits par moment.

 Dès mon arrivée en Belgique, j’ai bien senti que le fait d’évoquer mon ascendance belge n’était pas toujours bien vu. De la part des Congolais qui me rappelaient ironiquement qu’aux yeux des blancs, il n y avait pas de différence entre métis et noirs. De la part des  Belges dont l’incrédulité frisait parfois l’ignorance voire la mauvaise foi : est-ce pourtant  si difficile d’imaginer ce qui peut se passer quand on envoie des milliers d’hommes blancs seuls en colonie pendant des années ?

Les festivités du Cinquantenaire de l’indépendance  ont provoqué un véritable tsunami médiatique sur le Congo. J’ai lu avec émotion le dossier de Colette Braeckmann consacré aux métis, chaque brin d’histoire faisant écho d’histoires vécues par des familles métisses proches et amies. J’ai en revanche scruté en vain les images d’émissions télévisées, attendant de voir si on parlerait des métis, jusque là rien…Et pourtant, on a osé parler d’ « apartheid social » entre blancs et noirs, on a même montré des images des fameuses mains coupées de Léopold II. Peut-être ai-je conclu trop vite ? Peut-être le fera-t-on ? Mais d’expérience, je sais que le sujet est encore trop  tabou, délicat.

Alors j’ai décidé de créer ce blog pour que tous sachent, Belges comme Congolais, la réalité des métis vécue de l’intérieur. Parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Parce qu’une partie de l’Histoire coloniale ne peut être occultée sous de faux prétextes fallacieux de convenance ou  de pudibonderie mal placée. Parce que le temps faisant son effet, les métis de 1ère génération ne sont plus qu’une poignée et que les témoignages se raréfient. Mon propre grand-père à qui  je parlais de cela m’a dit qu’il était « fatigué «  de repenser à toutes ces choses du passé. 

On a donné le chiffre de 12.000 « Mulâtres » en 1960.  J’écris ces lignes afin que l’on sache que derrière ces statistiques se cachent 12.000 histoires  différentes : qu’elles soient heureuses, tristes ou carrément sordides, elles font partie de notre passé et de notre présent, se perpétuant au travers des générations dont je suis.

Histoires de vies volées, d’enfants arrachés à leur mère noire dans le pire des cas, placés dans des internats pour métis dans le meilleur des cas. Histoire d’enfants emmenés en Belgique pour y être « intégrés » : certains y parviendront, faisant le deuil de leur part noire, d’autres tenteront de retrouver leur mère après plusieurs années, avec  plus ou moins de succès.

Histoires d’enfants abandonnés, non reconnus.  Histoires d’enfants reconnus envers et contre tout par leur père blanc et qui en  payeront le prix fort après l’indépendance. Restés au Congo, ils  seront parfois stigmatisés par les noirs qui n’ont pas oublié les traitements de faveur qui leur étaient réservés. Ils seront  obligés ensuite par la folie d’un homme en 1973 à se débarrasser du Nom belge qu’ils avaient continué à porter sous prétexte d’authenticité zaïroise. Curieusement, cela n’améliorera en rien leur sort. A titre anecdotique, après qu’une Miss Zaïre métisse eut remporté le titre de 1 ère dauphine au concours Miss Univers à la fin des années 70, on  poussera le bouchon jusqu’à interdire toute participation ultérieure au concours Miss Zaïre aux filles métisses. Un comble pour ceux à qui on demandait justement d’être comme les autres.

Mais ne leur demandait-on pas l’impossible ? Eux qui savaient et sentaient pertinemment que d’un côté comme de l’autre, ils suscitaient curiosité, méfiance quand ce n’était pas tout bonnement du rejet.

Déboussolés, perdus entre les rives des deux peuples, des deux races aurait-on dit en d’autres temps, les métis ont développé presqu’inconsciemment une tendance naturelle à vivre et à se marier entre eux. Non par racisme, uniquement par une volonté bien compréhensible de se retrouver entre incompris, entre délaissés. « Quittes à souffrir, on préfère rester entre nous » m’a dit un jour un  Papa métis.

Ma grand-mère avait 7 ans quand elle a été placée dans l’internat pour filles métisses de Katende où étaient regroupées par décision coloniale tous les enfants métis du Kasai et du Katanga limitrophe. Elle y restera jusqu’à ses 16 ans et ne le quittera que pour se marier. Entre les deux, elle ne verra sa mère et ses frères et sœurs noirs que pendant les vacances. D’autres n’auront pas cette chance et perdront à jamais la trace de leur mère. Elle ne garde pourtant pas rancune  de cela, elle a tenu lors de son unique voyage en Belgique en 2006 pour ses 75 ans à visiter Liège d’où venait son père. Sans doute pour le remercier de l’avoir reconnue et de lui avoir épargné la mention « Père inconnu » sur la carte d’identité comme c’était la règle pour tous les métis non reconnus, de père identifié ou non.

Je ne saurais terminer sans rendre un hommage à cet aïeul belge dont nous avons toujours été fiers. Un de mes cousins né en 2005 à Kinshasa porte son prénom, Alfred.  Alors, Monsieur BUREAU Alfred,  reposez en  paix, votre fille a eu 6 enfants, 23 petits-enfants et 9 arrière-petits-enfants et elle a perpétué en eux votre souvenir. Vous n’avez pas failli à votre devoir de Père, bravant les us et coutumes de l’époque, et nul doute que si vous aviez survécu, elle aurait eu un destin différent. Vous n’avez en rien failli et  vous avez assumé les conséquences de vos actes.  Je ne pourrais malheureusement en dire autant de la Belgique à l’égard des enfants métis de la période coloniale.

Juste pour qu’on n’oublie pas.

 Parce que l’oubli est la pire des blessures que l’on puisse infliger à un être humain.

Juste pour qu’enfin les métis et leurs enfants se sentent dignes et fiers de ce double héritage.

Vive les 50 ans d’indépendance du Congo et  remplissez ce blog de vos témoignages heureux ou moins heureux, ils font partie de notre histoire.

Betty Kakiesse/M2M

14:29 Écrit par vanove | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : steve wembi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

19/06/2010

les grandes actualités de la RDC

RDC : Les fauteurs de guerre

DSC03855 copie.jpgDepuis plus de 10 ans, l'Est de la République démocratique du Congo (RDC) est le théâtre de guerres à répétition. Au premier rang des responsables de ce conflit sans fin, de multiples mouvements rebelles soutenus par le Rwanda ou l'Ouganda ainsi que le pouvoir congolais incapable d'assurer la sécurité sur son territoire et coupable d'exactions sur les populations civiles. Voici le portrait des différents groupes armés impliqués dans cette guerre qui ne veut pas finir.

FDLR :
Les Forces démocratiques de libération du Rwanda
Premier sur la liste des mouvements rebelles, les FDLR se composent d’anciens membres de l’armée du président Juvénal Habyarimana et de miliciens Interahamwe. Après avoir été mis en déroute par les soldats du président Paul Kagamé à la suite du génocide, ils s’étaient regroupés en RDC pour fomenter une reprise du pouvoir à Kigali, en formant un groupe armé qui a finalement donné naissance aux FDLR. L’ancien président congolais Laurent-Désiré Kabila a conclu une alliance avec les FDLR pour lutter contre l’influence de Kigali dans l’est du Congo après 1998 et certains membres ont intégré son armée. Mais Joseph Kabila, son fils, aujourd’hui à la tête de l’Etat congolais, a autorisé les troupes rwandaises à pénétrer en RDC en 2009 pour traquer les FDLR. Selon les estimations des sources du secteur onusien de la sécurité, les FDLR comptent aujourd’hui 3 000 hommes, contre 6 000 en 2009.

Le groupe a un bras armé, les FOCA (Forces combattantes Abacunguzi), actives dans le Sud-Kivu. Les FDLR se sont alliées à d’autres groupes, notamment aux Forces républicaines fédéralistes (FRF) de Michel Rukunda, une milice du Sud-Kivu qui déclare défendre les intérêts des Banyamulenges (Tutsis congolais), et à certains groupes Maï-Maï.

Les Maï-Maï
Leurs combattants, qui s’aspergent « d’eau magique pour se protéger des balles », sont pour la plupart membres de milices d’autodéfense ad hoc, formées par les leaders locaux, qui arment de jeunes hommes dans les villages, souvent en fonction des différences ethniques. Certaines grandes milices Maï-Maï sont plus connues, notamment les Patriotes résistants congolais (PARECO) ou l’Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain (APCLS), qui se sont jointes au processus de paix en mars 2009, en promettant de se convertir en partis politiques pacifiques.

Le 2 juin, 500 membres du groupe Maï-Maï Kifuafua ont de nouveau rejoint leurs positions, à Walikale, dans le Nord-Kivu, soutenant que leur intégration convenue au sein de l’armée avait trop tardé. La plupart des groupes Maï-Maï sont des forces locales portant le nom de leur chef. Le groupe Yakutumba, du nom du « major-général » qui le dirige, a enlevé huit travailleurs humanitaires au Sud-Kivu, en avril.

CNDP :
Le Congrès national pour la défense du peuple
Le CNDP a menacé d’envahir Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, en novembre 2008. Par la suite, le Rwanda a assigné à résidence Laurent Nkunda, son chef. Bosco Ntaganda, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI), a remplacé Laurent Nkunda et accepté d’orienter le mouvement vers la paix. En mars 2009, le CNDP s’est converti en parti politique et 3 000 à 4 000 de ses combattants ont intégré l’armée congolaise. Environ 1 000 à 2 000 autres résistent à l’intégration.
Selon la plupart des experts, le CNDP a conservé ses chaînes de commandement au sein de l’armée. Le groupe, qui administre en grande partie le district de Masisi, se livre à diverses activités dans le Nord-Kivu, de l’exploitation minière artisanale au trafic de charbon, en passant par l’extorsion. Il est accusé d’avoir organisé le transfert de ses partisans rwandais à Masisi, ce qui a provoqué des frictions entre les Rwandais de RDC et les autres groupes ethniques.

FPLC :
Les Forces patriotiques pour la libération du Congo
Ce groupe, actif dans le Nord-Kivu, est dirigé par le général Gad Ngabo, qui a récemment franchi la frontière ougandaise pour pénétrer dans le territoire congolais de Rutshuru. Selon différentes sources, le général recruterait au sein de différentes ethnies, regroupant des forces pour disputer au CNDP le contrôle de certaines zones du Nord-Kivu. Ce groupe compterait quelques centaines de combattants.

ADF/NALU : Les Forces démocratiques alliées/Armée nationale de libération de l'Ouganda
Quoique converti plusieurs fois à l’islam et au catholicisme, Jamil Mukulu, chef rebelle ougandais, a fondé un groupe militant musulman au début des années 1990. Sous la pression de l’armée ougandaise, il y a enrôlé des officiers du régime de l’ancien dictateur Amin Dada et l’a fusionné avec la NALU, autre mouvement rebelle ougandais qui abriterait les partisans de l’ancien président Milton Obote.
Depuis qu’elle a franchi la frontière pour pénétrer en RDC, au milieu des années 1990, cette milice est restée dans la zone de Beni, dans le Nord-Kivu. Selon les analystes, il s’agit d’un groupe « à l’état latent », comptant environ 1 300 hommes. Des pourparlers de paix entre l’ADF/NALU, l’Ouganda et la RDC ont été engagés en 2009, sous la médiation des Nations Unies, mais en avril, l’armée congolaise a attribué à une coalition entre les ADF/NALU et des combattants Maï-Maï locaux la responsabilité d’une attaque meurtrière perpétrée contre un centre d’entraînement militaire situé à Beni.

LRA :
L’Armée de résistance du Seigneur
Joseph Kony a fondé la « Holy Spirit Mobile Force 2 » (Deuxième Force mobile du Saint-Esprit) dans le nord de l’Ouganda en 1987, après la mise en déroute d’un groupe rebelle du même nom par le gouvernement du président Yoweri Museveni, auquel celui-ci tentait de s’opposer. En 1989, Joseph Kony a rebaptisé la milice l’Armée de résistance du Seigneur, déclarant avoir pour objectif d’instaurer en Ouganda une théocratie d’inspiration chrétienne.
La LRA s’est d’abord introduite au Sud-Soudan au milieu des années 1990, mais l’accord de paix soudanais de 2005 et l’inculpation de Joseph Kony par la CPI a forcé le groupe à se réfugier en RDC, dans le parc national de la Garamba. En décembre 2008, les armées ougandaise, sud-soudanaise et congolaise ont lancé une offensive collective à la Garamba, sans pourtant réussir à éliminer l’état-major de la LRA. Le groupe, divisé en petites unités, se déplace à pied dans les Uélés (districts situés dans le nord-est du Congo), dans l’est de la République centrafricaine (RCA) et dans certaines régions du Sud-Soudan.
Entre décembre 2007 et avril 2010, le groupe aurait tué 1 796 civils et en aurait enlevé 2 377 au Congo. Il est particulièrement connu pour recruter de force des enfants soldats, transformer de jeunes garçons en tueurs et utiliser des fillettes comme porteuses ou comme esclaves sexuelles. Les membres du groupe mutilent également les lèvres et les oreilles de leurs victimes pour terroriser la population.

FRPI/FPJC :
La Force de résistance patriotique en Ituri/Front populaire pour la justice au Congo
La FRPI et sa faction dissidente, le FPJC, sont actifs dans le sud de l’Ituri, où ils combattent les forces du gouvernement et les forces onusiennes de maintien de la paix. Germain Katanga, ancien commandant de la FRPI, comparaît actuellement devant la CPI aux côtés de deux autres chefs miliciens de l’Ituri pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ; il est notamment accusé d’avoir recruté des enfants soldats, et de s’être rendu coupable de massacres de masse et de viols. Selon les analystes, ce groupe est « résiduel », mais ses répercussions humanitaires restent importantes.
En 2009, environ 5 000 personnes ont fui pour se réfugier dans la forêt de Mokato-Ngazi à la suite d’affrontements entre l’armée congolaise et les militants des FRPI/FPJC. Lorsque les forces gouvernementales et les organisations humanitaires sont parvenues à se rendre dans la zone, trois mois plus tard, un nombre indéterminé de ces déplacés étaient morts de faim. Jean-Claude Baraka, chef du FPJC, a récemment été arrêté. En revanche, le « Colonel Cobra » Matata, chef de la FRPI, qui avait accepté d’intégrer l’armée nationale, aurait déserté au début du mois pour rejoindre sa milice, en Ituri.

Enyele/Le Mouvement de libération indépendant et alliés (MILIA)
Des tensions ethniques datant de l’époque coloniale ont éclaté en novembre dernier dans la province d’Equateur, dans le nord-ouest du pays. Les membres du groupe Lobala, connu sous le nom « d’Enyele », du nom du village où les flambées de violence ont éclaté pour des questions de droits de pêche, ont d’abord attaqué la ville frontalière de Dongo, mettant en déroute les forces de police qui avaient été déployées pour les réprimer. Les civils ont fui de l’autre côté du fleuve, en République du Congo, et seuls 20 000 habitants sont revenus.
Adoptant l’acronyme MILIA, le groupe s’est déplacé vers le sud, à travers la jungle, prenant d’assaut Mbandaka, le chef-lieu de la province, le 4 avril. Il a également perturbé le ravitaillement des populations jusque dans la ville de Kisangani, à l’est.
Le 5 mai, la RDC a arrêté Ondjani Mangbama, le chef des insurgés Enyele, mais la situation de ce dernier reste incertaine. L’insurrection Enyele a commencé dans la province d’Equateur, province natale de l’ancien dirigeant congolais Mobutu Sese Seko, aujourd’hui devenue le bastion du MLC, parti d’opposition de Jean-Pierre Bemba.

Les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC)
Il ne s'agit pas là d'un mouvement rebelles, mais de l'armée nationale. Mais les FARDC ont été accusées par les organisations de défense des droits humains de se livrer à des activités criminelles, ce que le gouvernement réfute. En 2009, leur 213e brigade a été citée comme responsable des pertes civiles subies à Lukweti, au Nord-Kivu, au cours de l’offensive Kimia 2, menée contre les FDLR avec le soutien des Nations Unies.

Sources : Afrikarabia/IRIN

Photos (c) Christophe Rigaud www.afrikarabia.com

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mercredi, 16 juin 2010

RDC : La MONUC entame son retrait

Le geste est symbolique, mais à Kinshasa, le moment est historique. Une centaine de Casques bleus sénégalais se sont retirés mercredi de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC). La cérémonie de départ avait lieu à Kisangani, au Nord de la RDC.

Logo MONUC.gifCe premier départ des troupes de la MONUC s'inscrit dans le cadre d'une première phase de réduction de la force, décidée par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1925. Le 27 mai dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU avait en effet autorisé le retrait de 2.000 Casques bleus d'ici la fin du mois de juin 2010 et approuvé une modification du mandat de la MONUC à partir du 1er juillet. A cette date, la MONUC changera de nom, pour devenir deviendra MONUSCO. A la veille des festivités du cinquantenaire, ce départ sera sûrement apprécié par le président Kabila, qui avait souhaité un retrait plus massif et plus rapide des casques bleus de son pays. Mais il lui faudra un peu de patience, la communauté internationale estime que la situation sécuritaire dans le pays n'est pas stabilisée.

Christophe Rigaud

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mardi, 15 juin 2010

RDC : "Une des pires crises humanitaires au monde"

Les Nations-Unis vivent « l’une des pires crises humanitaires au monde » en République démocratique du Congo (RDC). L'ONU ne pouvait être plus claire. La porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, Elisabeth Byrs, a expliqué que « travailler en RDC est devenu un véritable défi pour les humanitaires tant pour des raisons de sécurité que du manque de financement »... la sonnette d'alarme est également tirée par toutes les ONG présentent sur le terrain.

Preoccupation-de-l-OCHA_article_top.jpgDeux préoccupations sont avancées par l'ONU sur place : le manque de moyens (les programmes de ces agences ne sont financés qu’à hauteur de 30 %) et « si l’aide financière n’arrive pas, nous allons être obligés de réduire notre assistance à une population qui en a cruellement besoin » estime Elisabeth Byrs. Autre sujet de préoccupation : la violence subie par les populations « du fait des exactions de groupes armés, dont l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui ne cessent d’augmenter », d'après l'ONUs. Et les humanitaires sont autant visés que les civils par les combats et le banditisme.

Rappelons que depuis 2007, la LRA a tué 1796 civils, enlevés 2377 personnes dont 807 enfants. Et entre décembre 2009 et mars 2010, la LRA a tué 407 civils et enlevés 302 personnes dont 125 enfants. Dans les régions du Kivu et la province du Maniema, à l’Est de la RDC, les maltraitances sexuelles se multiplient. Rien qu’en 2009, « il y a eu 8 000 cas de viols rapportés dont la majorité ont été perpétrés par des hommes en armes », selon l'ONU.

L'Armée de la résistance du seigneur (LRA), groupe rebelle tristement célèbre pour ses exactions contre les civils, mène des attaques de plus en plus meurtrières en République démocratique du Congo (RDC) et continue d'enlever des enfants pour les utiliser comme soldats dans ses rangs. La LRA, qui combat le gouvernement en Ouganda depuis plus de 20 ans, a accru sa présence dans cette région reculée du nord-est de la RDC.

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RDC : Le Maroc, destination des réfugiés congolais

Le HCR tire la sonnette d'alarme à Rabat, au Maroc. Selon l'organisme onusien d'aide aux réfugiés, la plupart des réfugiés actuellement au Maroc sont originaires de Côte d'Ivoire, mais aussi de République démocratique du Congo (RDC) et d'Irak. Le HCR estime à 27% le nombre de réfugiés originaire de RDC.

DS050616115916.jpgLe HCR observe que ces réfugiés se concentrent dans les grands centres urbains, comme Rabat et Casablanca. En 2009, le HCR comptait environ 800 réfugiés inscrits sur leurs liste, en majorité originaire d'Afrique noire. Mais les ONG sur place notent que bon nombre de réfugiés, originaires d'Afrique subsaharienne y vivent sans être reconnus par le HCR. Ces dernières années, les réfugiés ont considérablement augmenté au Maroc : troubles en Côte d'Ivoire, conflit en Irak, mais surtout les guerres à répétition et sans fin en République démocratique du Congo. Kivu, Ituri, Equateur... la situation désastreuse en RDC depuis plus de 10 ans a jeté sur les routes des centaines de milliers de réfugiés. D'abord vers les pays voisins, puis vers le nord de l'Afrique, dernière étape avant "l'Eldorado européen".

Au Maroc, on s'organise. Selon le responsable du HCR, Johannes Van Der Klaauw, "la pression des réfugiés est une nouvelle donne à laquelle la société marocaine est en train de s'adapter. Le développement d'un cadre institutionnel et législatif relatif à la protection et l'assistance des réfugiés est une question prioritaire pour le HCR".

Photo (c) Christophe Rigaud www.afrikarabia.com

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RDC : Clément Kanku prépare l'alternance

L'opposition arrivera-t-elle à proposer une alternative crédible face au président Joseph Kabila ? Aphone, atone et sans leadership, l'opposition congolaise semble laisser un boulevard sans obstacle au président sortant pour les prochaines élections présidentielles de 2011. Le député proche de Jean-Pierre Bemba, Clément Kanku, jette un pavé dans la mare en créant un "gouvernement fantôme" afin de préparer le prochain scrutin.

Le coordonnateur de l'Union pour la Nation (UN), Clément Kanku, a annoncé la mise en place d'un "gouvernement fantôme" (à la britannique) à l'approche des élections présidentielles, toujours prévues en 2011. Rapporté par la radio de l'ONU, Radio Okapi, cette initiative se veut une "force d'alternance politique crédible et sérieuse" en République démocratique du Congo (RDC). Le "gouvernement fantôme" souhaite faire des propositions concrètes aux congolais : "nous allons dire à la population ce que nous aurions dû faire, si nous étions au pouvoir", a ajouté Clément Kanku à la radio onusienne. La bataille pour la présidentielle a bel et bien commencé.

Christophe Rigaud

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samedi, 12 juin 2010

RDC : Programme des obsèques de Floribert Chebaya

Le 30 juin sera donc le jour de l'enterrement du militant des droits de l'homme, Floribert Chebeya. En marge des festivités du cinquantenaire, la famille et les différentes ONG du pays ont présenté le programme de "deuil international" des obsèques de Floribert Chebeya. Voici le document complet : CLIQUEZ ICI

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vendredi, 11 juin 2010

RDC : Nkunda devra patienter jusqu'au 24 septembre

Depuis plus d'un an, l'ex-général rebelle congolais Laurent Nkunda est maintenu en détention au Rwanda. Après plusieurs péripéties judiciaires, le Tribunal militaire de Kigali a prévu d'examiner le 24 septembre prochain la demande de remise en liberté de l'ancien rebelle tutsi. Ce nouveau report serait dû à l'absence de l'avocat principal de la défense, le Canadien Stéphane Bourgon.

Une précédente audience prévue le 11 mai avait déjà été annulé, faute d'interprète. La cour suprême de Kigali s'était ensuite déclarée incompétente et avait renvoyé l'affaire devant le tribunal militaire rwandais. Seul problème soulevé par la défense de Laurent Nkunda et non des moindres : les avocats de Nkunda soutiennent que l'ancien chef d'état-major des armées rwandaises, le général James Kabarebe, nommé ministre de la Défense en avril, est responsable de l'arrestation et de la mise en détention illégales de leur client... le même Kabarebe est le supérieur direct des juges du tribunal militaire de Kigali.

Le sort de Laurent Nkunda sera donc finalement connu après l'été... plus d'un an après le renversement d'alliance entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda de Paul Kagame (l'ancien allié de Laurent Nkunda en RDC).

Christophe Rigaud

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RDC : 30 juin 2010... jour de deuil ?

La nouvelle est encore incertaine, mais l'enterrement du président de l'ONG congolaise la Voix des sans-voix (VSV), Floribert Chebeya, pourrait avoir lieu le 30 juin prochain, le jour des commémorations du 50ème anniversaire de l'indépendance !

D'après le Réseau national des Organisations des Droits de l'Homme du Congo (Renadhoc), l'enterrement serait programmé le 30 juin au cimetière de la Gombe, en plein centre de Kinshasa, qui fêtera à quelques centaines de mètre de là l'indépendance de la RDC sur la boulevard du 30 juin.Hasard du calendrier ou volonté de marquer les esprits, tous les regards seront tournés ce jour-là vers les festivités du cinquantenaire, en présence de nombreux invités étrangers.

Suite au tollé d’indignation provoquée par la mort mystérieuse de ce défenseur des droits humains très respecté, les autorités congolaises ont semblé prendre la mesure de l'affaire : la police a rapidement procédé à l'interpellation et à l'arrestation de certains officiers de la police et le général Numbi, mis en cause dans le meutre de Chebeya a été placé en résidence surveillée. L'enquête n'a pas encore avancé concernant les commanditaires de l'assassinat... une autopsie doit être réalisé prochainement par des légistes néerlandais.

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12:17 Écrit par vanove | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : steve wembi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook