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26/02/2010

IL MAITRISE L'AMP

RDC : Remaniement, Koyagialo attend les instructions de Joseph Kabila

 
image Koyagialo

Le remaniement du Gouvernement central est l’un des sujets qui défraient la chronique à Kinshasa. L’impatience semble avoir atteint son comble. Entre-temps, dans les états-majors des partis politiques alliés de la Majorité au pouvoir, il s’observe une agitation qui ne dit pas son nom. Comme si le Gouvernement était un jeu de dame, certains partis de la Majorité se préparent déjà pour changer les pions. Bien plus, une guéguerre gagne du terrain au sein de certains mouvements associatifs aux couleurs tribales où se pose avec ardeur, un sérieux problème de leadership. Que des fils d’une province, vivant naguère dans une harmonie insoupçonnable se livrent à une guerre de positionnement motivée par la boulimie du pouvoir, la chose ne peut qu’interpeller les bonnes consciences.

La question serait sans doute : « Qu’en-est-il de ce remaniement annoncé depuis plusieurs mois ? » - « Les consultations ont-elles déjà commencé ? » -« Si oui, où en est-on ?» Si non, qu’est-ce qui bloque la machine jusqu’ici ?» Voilà, autant de préoccupations de l’opinion qui nous ont poussé à contacter hier au téléphone, M. Louis Koyagialo, Secrétaire exécutif adjoint de l’Alliance pour la majorité au présidentielle (AMP).

En rapport avec l’agitation évoquée ci-dessus, ce haut cadre de l’Amp n’a pas balbutié dans son propos. « Ce sont les partis politiques qui ont perdu leurs postes au sein du Gouvernement et qui pensent les récupérer à l’issue du remaniement. ¨Pourtant, ce n’est pas évident », a déclaré Louis Koyagialo.

Par ailleurs, le Secrétaire exécutif adjoint de l’Amp dit n’avoir reçu jusqu’ici, aucune consigne de l’autorité morale de l’Alliance au pouvoir (Ndlr : le Chef de l’Etat Joseph Kabila), d’amorcer les consultations à ce sujet. Autrement dit, Louis Koyagialo précise que les tractations n’ont même pas encore commencé pour remanier l’Exécutif central actuel. « Il n’y a pas péril en la demeure. Je ne comprends pas pourquoi les gens s’agitent. On a souvent accusé le Gouvernement de budgétivore sous-prétexte qu’il était pléthorique. Maintenant qu’on a des ministres en moins, il est étonnant que les mêmes personnes qui dénoncent la pléthore des membres de l’Exécutif tirent le hallali pour que soient comblés certains vides. Je crois qu’avec des ministres de moins, on a aussi des dépenses en moins », estime Louis Koyagialo.

PLUS QU’UNE NECESSITE

L’idéal n’est pas d’avoir chaque année, un nouveau Gouvernement. Le Président Mobutu, en son temps, a excellé dans cet art. Pendant plus d’une décennie, on a vu des Commissaires d’Etat puis des ministres carriéristes qui ont battu le record des mandats. Des Professeurs d’université et autres experts ont participé à la gestion active de la chose publique. Des gens ambitieux aux apparences d’une probité morale éprouvée, mais qui se salissaient dedans. C’est le système. Les résultats ont été ceux que les Zaïrois d’alors et Congolais d’aujourd’hui connaissent. Rien n’avait changé. Plus qu’un jeu, le remaniement avait été pour l’Homme à la célèbre toque en peau de léopard, une formule politique pour récompenser ses meilleurs « élèves » ou descendre ses ennemis.

Cependant, il est établi que dans le contexte actuel de la RD Congo, le remaniement est plus qu’une nécessité et cela pour plusieurs raisons. La première est liée aux vides occasionnés par des ministres soit décédés, soit révoqués, soit encore appelés à d’autres fonctions. Dans l’actif, le Gouvernement Muzito accuse un « déficit » de quelque quatre membres. C’en est trop. Il s’agit, entre autres, de trouver les remplaçants des ministres de l’Economie, André Philippe Futa (décédé), des Affaires sociales Barthélémy Botswali (récemment révoqué), des relations avec le Parlement, le Pr Lumanu (nommé Directeur de cabinet du Chef de l’Etat). Le dernier vide à combler est celui laissé par le ministre de la Recherche scientifique.

La deuxième raison est la recherche de l’efficacité. Nombre de ministres font ombrage à la réalisation du vaste programme de développement, résumé en Cinq chantiers de la République initié par le Président Joseph Kabila. C’est donc l’occasion de se débarrasser de toutes ces queues trainantes pour les remplacer par des personnes ayant des compétences avérées.

De l’avis des observateurs, le chef de l’Etat a tout intérêt à filtrer la sélection. Autrement dit, le remaniement, loin d’être considéré comme une sanction extrême, un règlement des comptes aux ministres visés (pourtant ils l’auront mérité), est une remise en selle du Gouvernement. Car, lorsque les Congolais feront le procès du quinquennat du Président Joseph Kabila en 2011, ils ne verront jamais un seul ministre. Bien au contraire, le chef de l’Etat répondra seul. Aussi, pense-t-on que le moment est venu pour un choix judicieux des candidats ministrables, remplissant le minimum des conditions de véritables hommes d’Etat et non des hommes politiques motivés par des intérêts partisans.

En attendant, les membres du Gouvernement sortant se comportent tous désormais, comme des animaux de la Fontaine, dans sa célèbre fable « Les animaux malades de la peste. » « Est-ce moi ou l’autre », s’interrogent-ils sans doute. Toujours est-il que « riche ou pauvre, le dernier jugement de la cour le rendra noir ou blanc ». Il appartient donc à chaque ministre de faire une autoévaluation de son action au sein du Gouvernement. Dès lors que la Première dame, Olive Lembe Kabila, soit plus visible sur le terrain que la plupart des membres du Gouvernement, il se pose alors un sérieux problème à résoudre.

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13:46 Écrit par vanove | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : v, n | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

ILS S'ANNONCENT

De grands hedge funds américains joueraient l'euro à la baisse

vendredi 26 février 2010 12h28
 

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NEW YORK (Reuters) - De grands fonds spéculatifs américains, parmi lesquels celui de George Soros, ouvrent des positions importantes contre l'euro dans un contexte de crise financière en Grèce, écrit le Wall Street Journal.

Des délégués de SAC Capital Advisors, de Soros Fund Management et d'autres étaient présents lors d'un dîner organisé à New York le 8 février au cours duquel un petit groupe de gérants de hedge funds ont affirmé que l'euro tomberait sans doute jusqu'à la parité face au dollar, rapporte le quotidien financier, citant des personnes au fait de la situation.

Ce dîner de circonstance avait été préparé par le courtier Monness, Crespi, Hardt & Co. Trois gérants de portefeuilles ont parlé durant le dîner d'investissements liés à la crise de la dette en Europe, dit encore le WSJ.

Par effet de levier, qui accentue les gains comme les pertes, il suffirait de miser 5 millions de dollars pour récupérer 100 millions de dollars si le pari est gagnant, affirme le Wall Street Journal. "C'est une occasion (...) de faire beaucoup d'argent", commente un administrateur de hedge fund anglo-saxon cité par le journal.

L'euro a perdu 10% depuis la fin novembre, à mesure que la situation de la Grèce empirait. Aaron Cowen, manager de SAC, juge que quelle que soit l'issue de la question grecque, l'euro perdra encore de sa valeur, croit savoir le WSJ, ajoutant toutefois que la position de trading de SAC vis-à-vis de l'euro n'est pas nette.

Pour Donald Morgan, patron du hedge fund Brigade Capital, la crise grecque va sans doute s'étendre et en définitive toucher, aux Etats-Unis, les titres des sociétés, du Trésor et des municipalités.

David Einhorn, président de Greenlight Capital, s'est dit lui haussier sur l'or parce qu'il fallait s'attendre à une hausse de l'inflation, tandis qu'un manager de Soros a prédit une hausse des taux d'intérêt, toujours selon le journal.

La semaine dernière, des traders de Goldman Sachs, de Merrill Lynch, filiale de Bank of America, et de Barclays ont joué l'euro à la baisse pour le compte d'investisseurs, mouvements qui ne sont pas liés à ce dîner, poursuit encore le WSJ, citant des traders.

L'euro a touché un plus bas d'un an contre le yen jeudi et cédé 0,4% face au dollar à 1,3485 de crainte d'un nouveau déclassement de la dette grecque, tandis que le coût d'emprunt des pays périphériques de la zone euro a augmenté.

En revanche, les emprunts obligataire souverains jugés sûrs ont monté.

Clare Baldwin et Jennifer Ablan, version française Wilfrid Exbrayat, édité par Dominique Rodriguez

13:35 Écrit par vanove dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : v, n | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

24/02/2010

KOYAGIALO POUR UN PLUS

     RDC - RWANDA : INTERVIEW VERITE DE KOYAGIALO : NKUNDA, KAGAME, ET LES AUTRES 

Koyagialo remet NKunda à sa place
vendredi 11 janvier 2008, par O.P.B.K
Groupe de presse L'AVENIR
  

Il est plus connu par son nom (Koyagialo) et ses post-noms (Gbase te Gerengbo) que par ses prénoms (Louis Alphonse Daniel). Rendu célèbre par le fameux et non moins fumeux massacre dit de Lubumbashi, il est pourtant l’un des rares compatriotes à maîtriser le Congo profond, cela pour avoir été tour à tour, au niveau de la territoriale, directeur de la région du Shaba (Katanga), commissaire sous-régional (ou maire) de Likasi, commissaire sous-régional de Lubumbashi, vice-gouverneur du Kasaï oriental, vice-gouverneur du Kivu puis gouverneur du Katanga. Secrétaire exécutif adjoint de l’Amp - la plateforme présidentielle - il est tout naturellement l’homme indiqué pour parler Conférence de Goma. Et pour cause ! De son c.v., il peut être retenu cet extrait par rapport à ses fonctions de vice-gouverneur du Kivu avant le découpage. " Dans cette province tout spécialement, j’ai bénéficié d’une large possibilité de travailler sur le dossier des entités territoriales décentralisées, sous la supervision du Gouverneur de province. C’est ainsi (…) à la tête d’une équipe du cabinet, j’ai élaboré à l’attention du Gouverneur les critères de viabilité des entités territoriales du Kivu en vue d’envisager, pour cette province, la possibilité d’une politique de décentralisation sélective à exprimer au Kivu, et plus tard sur toute l’étendue de la République ". Hier, il s’est prêté aux questions du journal " L’Avenir " pour une interview focalisée sur ces assises. Suivez :

L’Avenir : Honorable, l’actualité en RDC, c’est la Conférence de Goma. Pouvons-nous connaître la position de l’Amp par rapport à ces assises ?

Koyagialo Ngbase Te Gerengbo (KNTG) : La position de l’Amp est clairement traduite par le chef de l’Etat. Nous sommes une plate forme organisée, disciplinée, même si chacun doit s’exprimer librement pour qu’on ne dise pas que nous sommes tous caporalisés. Nous savons que nous avons un chef et ce qu’il dit ne vient pas de lui seul mais d’une concertation, d’un débat. Et c’est lui qui rend compte de ce qui est convenu au sein de la famille. Le Président de la République a dit oui au dialogue, et il y a eu des voix qui se sont élevées çà et là pour estimer que les institutions seules devaient mener les négociations. C’est vrai que nous avons le parlement élu ; nous avons le gouvernement qui est issu de ce parlement, mais dans le contexte démocratique, je crois qu’on ne doit pas s’enfermer dans le carcan de la représentation ; il faut aller au-delà de la représentation et entrer en contact avec le peuple profond et dont les segments sont constitués de la Société civile organisée et de la Société civile non organisée. C’est ça que le chef de l’Etat a fait en disant : " allons au-delà des institutions représentatives, allons avec le peuple profond ". Et là, l’Amp soutient entièrement cette position. Il faut dire que ce n’est pas seulement par rapport au conflit que nous avons aujourd’hui que le dialogue est prôné. Bien avant, on y a pensé en le formalisant avec les barzas intercommunautaires animés par l’ancien vice-président de la République Arthur Z’Ahidi Ngoma. Ça se justifie davantage aujourd’hui parce qu’il y a un groupe de gens armés qui veulent remettre en cause tous les acquis des élections.

L’Avenir : Lorsque vous entendez la Société civile dire de cette conférence qu’elle ressemble à une concertation entre, d’un côté, l’Amp et, de l’autre, le Rcd et le Cndp, que répondez-vous ?

KNTG : Je dis simplement que parmi les participants aux assises de Goma, il n’y a pas que les membres de l’Amp ; il y a aussi des personnalités qui n’en font pas partie. L’abbé Malu Malu, qui préside les assises, est-il de l’Amp ? A mon avis, il n’est même pas d’un parti politique. Alors, au-delà de l’Abbé Malu-Malu, il y a le vœu exprimé par plusieurs organisations confessionnelles comme les Catholiques, les Musulmans, les Protestants… Tout ce beau monde ne fait pas partie de l’Amp. S’il y a des gens qui pensent que c’est une affaire entre Amp, Rcd et Laurent Nkunda, je pense qu’ils doivent revoir leur point de vue par rapport à ce que je viens de dire.

L’Avenir : Lorsqu’en plus on observe cette propension à promouvoir la thèse selon laquelle le succès de la conférence passe par un dialogue direct entre le Président de la République Joseph Kabila et le général démissionnaire Laurent Nkunda, comment réagissez-vous ?

KNTG : Je pense que le chef de l’Etat n’a pas besoin de traiter d’égal à égal avec Laurent Nkunda. Nkunda, c’est un insurgé et un officier général démis de ses fonctions. Je continue à le dire haut et fort : il ne peut plus être considéré comme militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo. D’un, De deux, les assises de Goma n’ont nullement pour visée d’organiser une rencontre avec Nkunda mais plutôt d’étudier les modalités, les moyens d’asseoir d’une manière durable la paix, la sécurité dans le Nord et le Sud-Kivu en vue d’emmener ces deux provinces au développement. Laurent Nkunda fait partie des problèmes qu’on va résoudre dans le cadre de la sécurité et de la paix ; j’en conviens. Mais je précise en même temps qu’il n’est pas le seul à être pris en considération dans les objectifs de cette conférence.

L’Avenir : Quand le chef de l’Etat déclare que la Conférence de Goma n’est pas un lieu pour le partage du pouvoir, pour la révision de la Constitution, encore moins pour un procès contre la Nation, est-ce parce qu’il y a risque potentiel de déboucher sur ces résultats ?

KNTG : Nous sommes dans un pays de beaucoup de rumeurs. Rumeurs alimentées souvent par la radio trottoir. Qui dit radio trottoir pense à tout ce que véhiculent les autoroutes de l’information, l’Internet. Ça colle un peu dans la tête des gens qu’il y a des exigences de Laurent Nkunda sur tel ou tel point, par exemple la subdivision de certaines provinces du pays pour qu’on arrive à la création d’une province où on aurait comme habitants des congolais appartenant à une certaine ethnie, en l’occurrence des Tutsi... Le chef de l’Etat doit tenir compte de cela pour éclairer les gens qui on été abreuvés dans cette source là. La Constitution a prévu le nombre de provinces connu. Il n’est pas question pour nous de recueillir des recommandations dans ce sens là. Il y a d’autres cas également qui sont dans ces autoroutes de l’information sur lesquels le Président de la République s’est voulu clair, de façon que les gens comprennent tout de suite qu’il n’est pas question de déborder des objectifs clairement définis de la conférence, c’est-à-dire paix, sécurité et développement. Je crois que le chef de l’Etat a raison de devoir le confirmer.

L’Avenir : Entre-temps, le cahier des charges du Cndp porte sur le rapatriement des réfugiés tutsi congolais, la neutralisation des ex-Far et Interhamwe, le brassage des insurgés et le mandat d’arrêt contre le général démissionnaire Nkunda. Qu’est-ce que la conférence, en elle-même, peut faire à ce propos et qu’est-ce qu’elle ne peut pas faire le cas échéant ?

KNTG : En ce qui concerne le rapatriement des réfugiés Tutsi congolais qui se trouvent en dehors du territoire national, il n’y a personne qui a opposé un refus à leur retour. C’est une première évidence. La deuxième évidence est que le retour a toujours été volontaire. En effet, en ce qui concerne la réglementation en la matière, on n’oblige pas un réfugié de rentrer dans son pays s’il ne le souhaite pas personnellement. Il faut s’en tenir aux dispositions internationales. Si cependant la conférence arrive à l’accord que les réfugiés doivent rentrer, il n’y a rien de nouveau. Mais, j’insiste : le retour ne peut être que volontaire. Par rapport aux ex-Far et Interhamwe, je pense qu’il y a plusieurs accords qui ont été signés. Le dernier en date est celui de Nairobi qui est en voie d’application au travers du Plan remis le 1er décembre 2007 par le Gouvernement congolais au Gouvernement rwandais. Mais on ne doit pas croire que c’est sur exigence de Laurent Nkunda que cela doit s’appliquer. Pour le brassage, il est indiqué de rappeler et de préciser que les militaires qui sont avec Laurent Nkunda sont des Congolais, et ce sont des militaires congolais. De ce fait, ils sont astreints à se soumettre au règlement militaire de notre pays, règlement valable pour tous les militaires congolais. Il ne doit pas y avoir une exception pour une catégorie des Congolais. Et j’entends par cela que s’ils acceptent de réintégrer l’armée, ils doivent accepter qu’on leur applique le règlement applicable à tous les hommes sous le drapeau, y compris leur affectation partout sur le territoire national, là où le devoir de la patrie les appelle. En ce qui concerne le mandat d’arrêt international, il y a des crimes qui ont été commis par rapport à ce qui se passe au Nord-Kivu et même au Sud-Kivu. Je rappelle toujours, chaque fois que l’occasion m’en est donnée, que lorsque Laurent Nkunda avait rejoint Mutebusi à Bukavu pour attaquer Mbuza Mabe, il y a une journaliste de la radio Okapi - aujourd’hui elle est en Amérique latine - qui avait rapporté presque en pleurant qu’il y avait une fillette de 3 ans qui avait été violée. C’était sous le commandement et de Nkunda et de Mutebusi. Mais il y a plusieurs autres crimes à avoir été commis, des femmes violées. Je me demande s’il faut éponger ces crimes par une amnistie. Nous pouvons même le faire, nous Congolais, mais pour le Droit international, cette amnistie là n’est pas pertinente car il s’agit de crimes dits imprescriptibles. Nous pouvons laisser circuler Nkunda un certain moment, mais si le procureur près la Cour pénale internationale instruit l’affaire et qu’on arrive à établir sa culpabilité, je crois qu’il n’échappera pas au sort qui l’attend…

L’Avenir : D’aucuns pensent qu’il est impérieux d’inviter à ces assises les Etats voisins des Grands Lacs - dont le Rwanda - et le mouvement insurrectionnel dénommé Fdlr. Quelle est l’opinion de l’Amp ?

KNTG : Le Rwanda, oui ! Parce que j’ai toujours dit avec beaucoup de courage, avec beaucoup de franchise, cela en tant que chrétien : seule la vérité libère. Nkunda a refusé d’intégrer l’armée de son pays. Or, voilà au moins deux ou trois ans qu’il a des militaires, et des militaires qui ne réclament rien en termes de solde. Ses militaires sont toujours bien habillés et bien équipés. D’où viennent les moyens pour l’entretien, l’habillement, la nourriture, l’équipement ? J’ai suivi, lors des affrontements de Rutshuru l’année passée, le témoignage d’un élément de la Monuc selon lequel on voyait des militaires de la suite de Nkunda en tenue de l’armée rwandaise. Les amis de la communauté internationale savent très bien qui est derrière cette affaire. Inviter dès lors le Rwanda n’est pas mal. Il semble, d’ailleurs, que l’invitation a été lancée mais n’a pas trouvé une suite favorable de la part du Gouvernement de ce pays. Peut-être qu’ils ont eu une explication pour ça ; mais je pense que quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit par se lever. Le Rwanda continue à nous défier, à défier notre pays, mais un jour ça va finir.

L’Avenir : Pour que ça finisse, il faut certainement que la conférence réussisse. Mais lorsqu’on réunit le double si pas le triple des délégués qui étaient au dialogue intercongolais, est-ce qu’il n’y a pas risque d’aller vers la dilution du travail ? KNTG : Malheureusement, la conception de la taille des participants a dépassé quand même le cadre normal qu’il faut pour ce travail. Mais nous en sommes là ; je crois qu’il faut faire avec. On va s’en sortir.

L’Avenir : Prenons cette double éventualité : qu’adviendrait-il en cas d’échec de la conférence de Goma ?

KNTG : Je ne souhaite surtout pas qu’il y ait échec. Mais si cela arrive, il faut craindre que les affrontements reprennent de plus belle avec comme conséquence l’exacerbation de la misère de la population. Or, justement, nous qui aimons notre pays, particulièrement moi qui connais un peu tous ces coins pour y avoir travaillé, ça me fait très mal au cœur qu’une province, qui a toutes les chances de se relever par rapport à la compétition inévitable mue par la décentralisation, rate le go de départ. Cette province-là risque de rester en arrière-plan sur le plan du développement. S’il s’avère que c’est dans le calcul de ceux qui alimentent la guerre pour créer au Kivu une sorte de non Etat et permettre l’exploitation illégale des ressources naturelles en formant entre-temps le dessein machiavélique d’amener les populations locales à la résignation, à la domination, alors nous ne pouvons pas accepter qu’il en soit ainsi. L’Avenir : Et en cas de réussite ?

KNTG : En cas de réussite, alors c’est bravo à notre chef qui a une vision pour atteindre les objectifs qu’il poursuit de l’unité du pays pour un Congo fort et prospère. Et là je crois que ce que nous voulons, ce que nous souhaitons, c’est que nos prières concourent à la réussite de la Conférence de Goma.

L’Avenir : Un mot de la fin ?

KNTG : A tous les participants, ils n’ont pas droit à l’échec. Ils doivent absolument réussir. Qu’ils s’inspirent du passé pour qu’on n’en arrive pas à la situation connue lors de la Conférence nationale souveraine. Les gens se sont éternisés à se disputer le per diem, ils y ont pris le goût et, finalement, on n’a pas abouti à la conclusion qui aurait permis à notre pays d’éviter la crise dans laquelle il s’était englouti. L’erreur est humaine, dit-on ; mais le fait d’y persister devient criminel.

Propos recueillis par Omer Nsongo die Lema VIA M2M/NEWS

 

16:10 Écrit par vanove | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : v, n | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook